poirebellehelene

... au caramel poivré

vendredi, février 16, 2007

Oh vous, les mères...

Non, ce n’est pas la Psy pour les nuls, mais la Psy à la moulinette d’une Poire…

Case départ : Bébé dort, tout beau, tout propre, bien au chaud, bien au sec, dans son joli berceau. Le voilà qui grimace, puis se met franchement à pleurer : la mère, émue, se précipite, le prend dans ses bras, lui assure qu’il a faim, et tout naturellement, lui tend un sein providentiel, qu’il prend ou ne prend pas.
S’il boude le sein, elle lui réassure qu’il a faim jusqu’à ce qu’il se mette à téter. Si vraiment il ne veut pas entendre parler du sein, j’ai une bonne adresse.
Bébé est repu, le rototo, la mère surveille son transit : vite la table à langer, le sac à couches, oh le joli caca, bébé se retrouve au sec, heureux, couché dans son joli berceau…jusqu’au prochain émoi.

Voici bébé dans les bras de Maman, la peau veloutée par le lait de toilette, le duvet de son crane sent bon le bébé : il est si beau, Maman le met devant le miroir, il se regarde, se voit dans ses bras. Elle lui dit : c’est toi, Bébé. Elle lui apprend à reconnaître son image dans le miroir, c’est très important, car s’il ne reconnaît pas son image, il la cherchera toute sa vie… On commence alors dans un berceau et on se retrouve sur un divan, couché par un psychanalyste rôdé à retrouver la vraie image par des jeux de miroir mis au point par Lacan : Cela aurait été beaucoup plus simple dans les bras de Maman.
Notre pie jacasse n’est pas si bête qui collectionne dans son nid les objets brillants, les morceaux de miroir : elle veille à la santé mentale de ses piots. Elle est également attentive à leur faim et leur apporte des vermisseaux à gogo. Nous sommes tous des animaux...

Mais il ne faut pas croire que Bébé est né en connaissant la langue de Molière. Il ne comprend rien du tout au blabla de la mère ; ce blabla s’appelle un « discours ». Quand la mère dit « tu as faim, hein ? », c’est un discours. Et du discours de la mère, Bébé, sans en avoir l’air, « arrache » un mot et un seul.. mais lequel ? par exemple « faim »
Du mot qu’il arrache dépend tout le parcours de sa vie : parcours normal du combattant normal, ou parcours direction « divan »…
Si petit, il faut donc qu’il arrache la bonne lettre… le reste du discours de la mère est balancé aux oubliettes, on dit qu’il est « forclos », mais on verra qu’il va ressurgir du sac poubelle..

C’est là qu’intervient le « Nom du Père », bizarrement nommé car le Père n’a rien à y voir, et ce n’est pas un nom… une fleur qu’on fait au Père, un titre honorifique ?
En effet, le « Nom du Père », c’est aussi la Mère… puisque c’est le « manque », la partie forclose de son discours, ce que le Bébé a manqué du discours, qu’on lui ressert comme « Nom du Père ».
Ce « Nom du Père » lui apprend la « différence », c’est-à-dire l’interdit de l’inceste, par exemple.

Cette toute puissance de la Mère, face à l’innocence, l’inconscience du bébé remplit d’effroi… la Mère, tout aussi inconsciente, définit et mène la danse…mais si elle savait, ce serait sans doute pire ! avec la rage de bien faire, elle pourrait se muer en « M » la maudite…
Noter que chez Margot la pie, c'est du pareil au même: je ne connais que "la" pie, qui connait "le" pie?

Mères, faut-il vous plaindre, vous admirer, vous envier, vous haïr ou vous aimer ?

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