poirebellehelene

... au caramel poivré

samedi, décembre 15, 2007

Transparence

Sur les quais de la Seine, on se penche sur la Crohnique
A défaut de guérir les maladies, il suffit de les rendre transparentes.
Que la vie des patients soit tranquille, comme un fameux long fleuve…
Comme certain prestidigitateur qui, un soir de Noël, fit disparaître la Tour Eiffel en direct à la télé : et pourtant, elle était toujours là !
Du Lacan là dessous, une histoire de miroir plan et de miroir concave, et l’objet réel disparaît..
Je m’instruis donc en ce samedi matin, sur les bords de la Seine :
Comment volatiliser les symptômes des maladies inflammatoires du colon dans le bleu du ciel.

La salle à manger aux baies vitrées donne sur les quais, Paris est une belle ville.
La Maison de l’ORTF est blanche et ronde, une tache bleue pour Radio France, une tache rouge pour France Musique
Sous le ciel d’un bleu d’hiver, uni mais pâle, presque blanc par endroits, les immeubles sont alignés. Quelques stores rouges, quelques pans de façade en brique rose. Voitures et piétons glissent silencieusement sur la passerelle verte. Deux oiseaux virevoltent malgré le froid.
Non, le bruit est autour de moi : mes voisins de table sont restés branchés : clinique, douleurs, symptômes, maladie, appendice, chirurgie, biologie… des shadoks, laissons les là tout le week-end, il continueront à pomper !
A la table voisine, le brouhaha des conversations et des éclats de rire monte en intensité au fur et à mesure que le repas s’avance et que les verres de vin se vident.
J’entends les mots « divisé », « Liban », « palestiniens » …entrecoupés de gros éclats de rire : des intellectuels ! Desserre ton écharpe à carreaux, agite tes bras en parlant, la conversation ne décollera pas, niveau zéro, fond de verre.
Mon voisin, un gentil algérien potelé, n’aime pas la canette au miel ; moi non plus, elle est tellement saignante qu’on la croirait encore vivante.
Voici le dessert, biscuit « Joconde »…. Je cherche ce que ce biscuit peut bien avoir à voir avec la Joconde ou la Joconde avec le biscuit. A tomber dans le domaine public, voilà à quoi on s’expose, la belle florentine transformée en biscuit. Et après tout , pourquoi pas : Mozart en chocolat, le petit caporal en camembert…
Le biscuit Joconde sourit-il au moins ? non, il a même plutôt une forme de virgule ou de larme : una lacrima sul viso… ne pleure pas, Joconde, souris, je ne suis pas d’humeur criminelle aujourd’hui.

Après cet intermède, retournons à l’école de la transparence.
Sous le pont Mirabeau coule un long fleuve tranquille.

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